J'écoute : Le bruit des glaçons dans mon verre
Je regarde : La bouteille descendre à vue d'oeil
Je lis : Ce qui est marqué sur l'étiquette
Je joue : Avec la touillette
Je mange : Des cacahuètes
Je bois : Le troisièmem ou ben alooors ke sixièmme?
Je cite : L'abous de alcooool (hips) est dangoureux pour le santééé (à la tienne!)

29/10/2007

29/10/07 - 21:01

D.

Sorti jeudi soir. Pas rentré tôt. Pas rentré à jeun. Pas rentré seul.
La journée aussi longue que la nuit a été courte. Des tonnes de merdes à régler. Des réunions, des débriefs, des faces à faces qui s'enchaînent. Une copine qui demande dans l'après-midi si c'est moi qui sent autant l'alcool. Moi, j'essaie de me rappeler qui j'ai approché à moins d'un mètre depuis mon arrivée. Et puis j'abandonne. Il y en a eu trop. La moitié de mon étage a déjà dû profiter des vapeurs éthyliques qui émanent de mon corps, qui suinte de mes pores. Tant pis, je serai un temps "mais-si-tu-sais-celui-qui-boit".

A 18 heures, mon corps est affalé dans un siège mal adapté à mon envie irrépressible de m'endormir. J'ai la tête projetée en arrière, la nuque brisée comme chaque fois par le bord glacé d'émail du bac. La shampouineuse me demande si la température de l'eau me convient. J'ai envie de lui hurler dessus: "Bien sûr qu'elle est bouillante ta flotte, mais je m'en fous, parce que maintenant tu vas me balancer deux tonnes de shampooing gelé sur le crâne, ça va équilibrer".
- "oui, très bien, merci".
Je ferme les yeux, je sens ma tête s'imposer entre ses doigts encore malhabiles. Elle débute. Elle ne se taille pas les griffes. Elle me mousse les oreilles. Elle m'ébouillante au rinçage ("l'eau n'est pas trop chaude?")

Dans le 72, je profite du paysage. La Tour Eiffel, , la Maison de la Radio, les ponts illuminés, les touristes, toutes dents dehors, qui prennent des photos au pont de l'Alma. Je pense à la réplique de Shortbus ("tu souris si on te prends en photo devant Ground 0?").

Je retrouve Jean-Jacques à l'Amnésia. Lui est en meilleure forme. Il a moins bu la veille. S'est couché moins tard. A dormi jusqu'à midi (note pour plus tard: poser un RTT le vendredi!).
On décide de ne boire qu'un verre... ou deux. On se l'est tellement dit qu'on rit juste en commençant la phrase.
Au moment de partir, le patron nous offre un dernier verre. On en prendra deux.
Jean-Jacques termine la quatrième coupelle de chips, moi, mon deuxième litre de bière: il doit donc être 20h.

Pour changer, direction le Quetzal. Marre du cursus habituel et A.C.A.C.IN (Amnésia, Cox, Alcool, Chips, INsolite). Là, JJ retrouve un "ex" de 15 ans. 10 minutes plus tard, je l'implore du regard pour qu'on quitte les lieux. Perdu: mon regard de chien souillé atterri dans l'oeil torve du mec aviné juste derrière lui. Il vient nous coller, pensant avoir "levé".
JJ le regarde, me glisse à l'oreille:
- "Bravo, il est le plus moche du bar!"
- "Ben oui, ton "ex" n'est pas dispo pour le rôle"
Notre humour vache nous fait rire comme des veaux

15 minutes plus tard, on est au comptoir du Cox. Tant qu'à ne pas respecter nos résolutions, autant les lapider à coup de bocks.
A 50 cm de moi, je retrouve Philippe, celui qui le matin même me demandait mon numéro de téléphone avant de passer ma porte "parce que ce serait bien qu'on se revoit".
Il croise mon regard, lance un sourire poli ("salut, oui, je te reconnais, ça suffit, non?") et tourne les talons.
Le barman attend avec la politesse habituelle des lieux que je règle mes consommations (soupirs, grognements, tapotage de la coupelle sur le zinc, re-soupirs). Je le regarde, lui jette 10 euros et sors sur le trottoir.

Quelques potaboire sont là. JJ est déjà avec eux. Le monde est petit. Celui des Pédés a la taille de la chaussure droite de Kylie Minogue. Forcément, l'un d'eux est venu avec Philippe. Il est acculé (dans tous les sens du terme) la populasse s'est donné rdv ce soir dans les 7m2 qui nous entourent. J'engage la conversation, tente de reprendre celles entamées la veille. Il répond par oui / non / bleu / salsifis. J'abandonne (pour la deuxième fois de la journée).

2 litres plus tard, JJ est dehors avec deux Italiens. Je suis à l'intérieur à attendre les 50 prochains centilitres. Accoudé au bar, D..
Comme à son habitude, il me lance un large sourire. Comme à son habitude il me salut en insistant sur mon prénom. Comme d'habitude, il m'adresse un regard comme si j'étais le seul à avoir droit à ce genre de regard. Mais tout est faux.
D. est plus qu'un pilier: c'est la terre qui maintient les fondations des lieux.
Il m'avait sorti le grand jeu, lors de ma toute première soirée au Cox. Il y a 9 ans.
Du haut de ma naïveté de l'époque, j'avais avalé ses couleuvres. J'avais suivi ce beau gosse dans son antre, écouté ses paroles, ses compliments, ses gentillesses. Avant que le matin venu il ne me pousse vers la porte. Depuis, chaque fois, il fait la même chose: sourire-prénom-regard.
Chaque fois je fais la même chose: rien.
Alors cette fois, je décide que c'est assez. Je vais le voir, j'expulse (sans test ADN) les deux ou trois mecs autour, et me plante devant lui.
- "Pourquoi tu sors ta séduction à chaque fois? Tu te rappelles de la nuit qu'on a passée ensemble. Tu sais en quelle année c'était. Tu te souviens du prénom de tous les mecs avec qui tu as couché comme tu te souviens du mien?"
Les questions sortent comme si je les avaient mûries depuis toujours. Comme si je n'attendais que ce moment pour balayer ce souvenir.
D. ne souri plus. Il regarde autour de lui, ne trouve plus de soutient. Il s'appuie un peu plus sur le comptoir:
- "Tu veux boire quelque chose?"

Ses réponses se font au rythme des gorgées de bière. Il découvre que presque 10 ans ont passés. Il avoue que mon prénom est resté aussi encré dans sa mémoire que celui des deux ou trois mecs qui ont marqué sa vie, sans qu'il sache pourquoi. Il est halluciné quand je lui décris la configuration de son appartement pourtant vu une seule nuit. Il reste muet quand je lui demande sa conclusion de tout ça.
Soudain, tout s'emballe. Lui, D., le gaillard, le fort en drague, l'oeil du cyclone perd pied. Il ouvre les bras, m'étreint, m'embrasse. Il sert fort, très fort. L'instant dure une minute, une seconde ou une heure. Lorsqu'il se redresse, il est en larmes.
- "J'en ai tellement marre de tout ça. Marre de ce milieu de merde. Marre de ne pas avoir su voir ça en toi. Marre d'avoir fait souffrir des mecs comme toi. Marre des coups."
C'est à mon tour de vaciller. A mon tour de l'enlacer.
Il est 2 heures du matin ou presque / ou plus. L'endroit est déserté. Ne restent que les coyotes, les loups, et les brebis enivrées qui serviront de repas nocturne aux deux premiers. Au milieu du bar, deux mecs debout ne bougent pas, ne parlent pas, s'embrassent.
- "Alors, vient, je te sors de tout ce merdier. On rentre. On ne revient plus ici. On ne revient plus nulle part. On change de monde, de ville, de gens. Il n'y a pas de solution intermédiaire. Tout plaquer, tout recommencer, ailleurs".
- "T'es sérieux? Quitter Paris?"
- "Oui. partir en province ou à l'étranger"
J'accompagne le geste à la parole. Prends sa main, l'emmène dans la rue. Quand il est dehors, il lève la tête au ciel, et le regarde comme s'il n'était pas le même que la veille. Il tire sur mon bras, me stoppe, m'embrasse encore. Il sourit. D'un sourire qu'il ne ferait qu'à moi.
A l'angle de la rue du Temple il ralenti.
- "Attends..."
- "Quoi?"
- "Non, je ne veux pas"
- "Tu ne veux pas quoi?"
- "Je ne veux pas. je ne peux pas. Je n'ai pas envie de recommencer. Je ne veux pas tenter autre chose. Je ne veux pas souffrir,... te faire souffrir"
- "Pourquoi tu me ferais souffrir?"
- "Parce que demain matin, je vais te jeter, je le sais, c'est certain"
Je ne quitte pas ses yeux. Ils mentent. Ils ne disent pas la même chose de ses maux.
J'insiste, j'argumente, je tente... et j'abandonne, encore.
Je lâche sa main, commence à avancer seul, le laisse derrière moi.
- "T'es vraiment qu'un petit con"
Dans mon dos, il répond, je ne veux pas entendre, je sais que ce sera vil.

Je suis au milieu du jardin des Halles. Des ombres m'entourent. Elles font un silence qui m'assomme. Le chemin qui me mène plus loin me semble interminable. Je repense à l'appel de D., à mes réponses. Je comprends que c'est ce que je veux qu'on me dise. Que quelqu'un attrape mon cri, le mette dans sa main, l'étouffe si fort qu'il serait moins puissant qu'un murmure. Partir loin, fuir, abandonner. Oublier ici. découvrir ailleurs.
Je suis D. J'ai commis les mêmes erreurs. J'a refusé comme il l'a fait. J'ai caressé cette main avant de la repousser.
Mon pas ralentis, les ombres s'éloignent. Je pleure sur un banc à 3 heures du matin au milieu des vendeurs de dope.

J'ai soif. Je me relève, continue mon chemin.

Je sonne à la porte. Le portier m'ouvre. Il sourit, je lui réponds de même. Le vestiaire prends mon manteau. Il sourit, je fais pareil. Le barman me tend mon verre, je tends mon ticket. L'alcool coule de ma gorge, il me réchauffe, il m'apaise, il me fait disparaître.
J'aborde le mec à côté de moi. La faute au distributeur qui n'a pas voulu me donner d'argent. Si je veux un autre Get-Perrier, je dois en commander deux avec ma carte. Je lui explique. Il sourit et accepte.

Dans quelques heures, il me demandera mon numéro de téléphone. Je repenserai à Philippe et je refuserai. Il me dira qu'il est condamné à errer à l'Insolite pour m'y croiser à nouveau. Je lui répondrai que c'est le cas pour beaucoup, dans une arrogance telle que ça le fera sourire, et je sourirai aussi.

Yael Naïm - Lonely

23/10/2007

23/10/07 - 00:33

Cher ami...

... no comment (c)



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Marc Lavoine & Françoise Hardy - Chèr(e) Ami(e)






(c) pas de commentaire est une marque déposée par David Martinon

21/10/2007

21/10/07 - 16:56

And if I fall...

... who will get down on his knees and pray?



Crédit photo: Denis Darzacq


Frente! - Bizarre love triangle (NO cover)

18/10/2007

18/10/07 - 19:03

Yesterday when I was young...

Pour ceux qui ne le sauraient pas encore, Copains d'avant est désormais entièrement gratuit.

Alors vous aussi, découvrez le coup de poignard que donnent certaines retrouvailles, quand une vieille connaissance vous contacte pour vous rappeler que le temps a passé:



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Avec le recul, je me dis qu'il s'en est fallu de peu pour que je ne tourne pas (encore) plus mal...

Shirley Bassey - Yesterday, when I was young

16/10/2007

16/10/07 - 21:40

Dès que je la vois...

Bon, c'est riquiqui, ça veut rien dire, elle court avec une cape beaucoup trop grande pour elle... mais bon, ça reste elle... même si on ne sait plus si c'est Kate M. ou Vanessa P. qui cherche à ressembler à l'autre...



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09/10/2007

09/10/07 - 20:40

Then I ask you now...




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