J'écoute : Le bruit des glaçons dans mon verre Je regarde : La bouteille descendre à vue d'oeil Je lis : Ce qui est marqué sur l'étiquette Je joue : Avec la touillette Je mange : Des cacahuètes Je bois : Le troisièmem ou ben alooors ke sixièmme? Je cite : L'abous de alcooool (hips) est dangoureux pour le santééé (à la tienne!)
Il aime Madonna, Kylie et Dannii.
Il parle anglais, me fait rire, et est plus jeune que moi.
Il me fait passer des moments magiques, éternels et à part.
Il n'habite pas ici, et je le voudrais plus près.
Et pourtant ce n'est pas lui
...
...
Comme quoi, l'histoire se répète, se ressemble, et plaît toujours autant...
"Je sais que tu as trop bu quand tu me dis que tu m'aimes" il m'a dit.
Je regarde les jeunes garçons efféminés, les cookitsa, danser sur la piste, et chanter les paroles d'une chanteuse archi connue, mais pas au delà des frontières du pays.
J'ai plus de Red Bull que de sang dans les veines.
Le patron m'aime bien, il m'offre encore un verre.
Je reviens vers lui, le regarde et lui dit "t'as vu, je ne suis pas encore bourré, je ne t'ai pas dit Ani ohev otcha"
Je lui dirai quelques heures plus tard, quand, je ne sais par quel miracle le chauffeur de taxi aura compris l'adresse et déposé mon corps lourd devant l'appartement.
Je me couche, le serre fort, l'écrase sans doute.
Je voudrais pouvoir lui dire les mots que je ne connais pas, ce qu'il est pour moi, les 5 mots qui le définissent le mieux.
Alors voilà motek sheli, ces mots sont pour toi.
Dans la soirée pour fêter la sortie du nouveau film d'Ethan F. (trop occupé ailleurs pour être présent), je réalise que ma nouvelle addiction pour le Red Bull - Vodka aura raison de ma raison.
Le départ prévu à 11h le lendemain matin ne me semble pas envisageable si je suis deux secondes sérieux.
Le plus dur reste à faire: Lui dire qu'on risque de décaler les horaires des bus.
Il me répond que ce sont mes vacances, et qu'on fait comme je préfère.
D'un coup, la nuit s'ouvre. Mes yeux on de plus en plus de mal à suivre la tornade. L'endroit est plein à craquer, et TOUS les mecs sont beaux.
Nous partons pour un autre endroit, et d'autres personnes.
J'ai l'impression d'être à l'Insolite. Mais une version "L'Insolite de la Tentation", où les petits, les gros, les moches ont été remplacés par des mannequins et leurs frères...
Il part se coucher, me laisse au bar, non sans me donner les consignes maternelles de rigueur.
Le frère jumeau de M. Propre ne perds pas de temps et s'approche. Deux mots, et il comprend que l'anglais est de rigueur.
Pendant qu'il me dit qu'il aimerait bien m'emmener mais qu'il doit se lever tôt, je regarde ses bras, puis mes mains, et en déduis que les deux ne suffiraient pas pour en faire le tour. Il m'embrasse, mal, et travers la piste.
Il n'a pas passé la porte que le jumeau du jumeau de M. Propre (ils sont beaucoup dans la famille????) a pris la place, et m'aborde en anglais directement. Avant même que je ne lui réponde, le premier jumeau de M. Propre est revenu de je ne sais où, s'interpose juste entre son jumeau et moi, me regarde droit dans les yeux et me lance "Finally, I want you to come with me now... ok?". Les voir côtes à côtes (ou plutôt muscles à muscles) me donne l'impression de voir double. Je fini mon verre d'un trait, et opine de la tête pour toute réponse.
Nous traversons la ville sur son scooter. L'air rafraîchi par la nuit bien avancée soulève son t-shirt.
Au matin, il me dit qu'il n'est pas homo, juste qu'il aime les hommes. Les images de la nuit me reviennent, les positions aussi... oui, il aime les hommes...
J'appelle mon hôte qui, inquiet, a déjà fait 4 tentatives. Nous changeons le programme et prenons un premier bus.
Arrivé au pied du Mur, je le regarde et le découvre sous un jour jamais vu alors. Son front collé contre la pierre, il annone.
Alors que la nuit tombe et que la Vieille Ville s'allume, il me montre au loin "l'autre mur". Au travers de l'objectif de mon appareil, je réalise toute la promiscuité de deux terres.
Nous reprenons le bus pour dormir au milieu d'une oasis, juste à côté de l'endroit le plus bas de la planète.
Le lendemain, sous nos couches de boue anthracite, catholiques, musulmans, et juifs sont frères, se parlent, rient, et se guident.
Alors voilà, c'est fait, j'y suis.
Départ laborieux. L'enregistrement au départ de Paris a pris plus d'une heure.
Toutes les questions y sont passées.
Pourquoi j'y vais?
Pourquoi maintenant?
Chez qui?
Depuis combien de temps je le connais?
Ce qu'il fait dans la vie?
Comment je l'ai rencontré?
La dernière fois que je l'ai vu, c'était quand et où?
Pourquoi on s'était disputés?
Pourquoi on n'est plus fâchés?
Son numéro de téléphone, histoire de l'appeler, et de lui poser les mêmes questions, juste pour vérifier.
Tout juste s'ils n'ont pas voulu savoir qui des deux fait la femme, combien de piercing il a, comment s'appelle son chien ou si sa mère m'aime bien...
Le comble a été quand ils m'ont demandé de retirer mon baume à lèvre de mon sac pour le mettre en soute "ça pourrait être une arme..."
Lorsqu'ils m'ont présenté leurs excuses pour la durée et la forme des questions, j'ai enfin eu droit à la pire place de l'avion.
Ne JAMAIS, au grand JAMAIS accepter la place 32F... tout pile au centre de l'engin, elle se trouve en plus au milieu des fameux sièges "à trois"... autant dire qu'à chaque fois que l'hôtesse passait pour offrir à boire, elle arrivait à sec à ma hauteur...
J'ai malgré tout pu découvrir que je ne sais pas faire le Tahina. Ma seule et unique tentative s'était soldée par un échec culinaire jamais connu jusqu'alors... A mon plus grand désarrois, celui servi dans l'avion était bien meilleur... et pourtant, la bouffe des avions est tout juste entre celle des hôpitaux et celle des prisons... c'est dire...
Sortie de l'aéroport (où les douanes n'ont pas fait d'histoire!). Du taxi je découvre pour la première fois la ville. De nuit, ça ressemble à la Suisse. Des immeubles neufs partout. Trois building designés par Starck, où l'appartement coûte 1,5M de $. Des lumières comme s'ils fêtaient Noël. Les rues plus propres que mon appartement... (oui, les déménagements n'aident pas à l'entretien ménager!)
Je le retrouve. Et c'est comme si on s'était vus hier. Entre deux palabres nous partons diner. Soirée Eurovision. Tous les tubes y passent. Leurs victoires écrasantes, mais pas leur dernière défaite plus que cuisante. J'échappe à la chanson de la France (tant mieux, ça m'évite un moment de solitude). Je pense à Damien en me disant qu'il aurait été là, il reprendrait tous les refrains par coeur, citant au passage le classement et l'année (voire les interprètes et les noms des danseurs).
Un mec nous scrute. Il s'approche et réalise très vite que je ne comprends rien à ce qu'il raconte.
J'essaie de trouver dans leurs conversations les quelques mots que je connais... j'en apprends de nouveaux.
Au matin, il me serre fort contre lui avant de quitter son appartement. Il me dit que je suis mad'him en me raccompagnant à l'arrêt du bus N°5.
En arrivant chez mon hôte, je me fais traiter de salope "but in the gentle way" (sic) "you can catch the guy, the one you wanted, without speaking the same language, and within 3 hours after you arrived!!!"
Depuis la terrasse, je me brûle au soleil... demain... le sel.