J'écoute : Le bruit des glaçons dans mon verre Je regarde : La bouteille descendre à vue d'oeil Je lis : Ce qui est marqué sur l'étiquette Je joue : Avec la touillette Je mange : Des cacahuètes Je bois : Le troisièmem ou ben alooors ke sixièmme? Je cite : L'abous de alcooool (hips) est dangoureux pour le santééé (à la tienne!)
Je ne compte plus les fois où le reproche m'a été fait que je drague.
J'utilise "reproche" volontairement. Il ne s'agit ni d'une remarque ou de souligner un trait de ma personnalité. Non. On m'accuse, m'enfonce, me montre du doigt, me marque au fer, me raserait presque le crâne pour trahison.
Je n'ai jamais le sentiment de draguer. Je parle, j'aborde, je sourie, je taquine.
Je ne minaude pas, ne touche pas, et ne flatte que très peu.
J'ai arrêté de draguer le jour où j'ai réalisé que je ne sais pas faire. Toutes mes tentatives sont restées stériles.
Trop évidente, trop directe, pour le moins maladroite, ma technique n'a jamais marché.
Vient alors la question du "où est le mal"?
Reprocher à quelqu'un de draguer n'a pas de sens.
Au pire mu par une sorte d'empathie exacerbée, agir de la sorte consiste à d'emblée décréter que le "dragué" va en pâtir.
Pourtant, c'est finalement bien lui qui choisi si oui ou non il souhaite se laisser séduire.
On n'imagine pas quelqu'un se plaindre auprès de son pâtissier parce qu'il s'est laissé tenté par ses éclairs.
Il l'a vue, achetée, emportée chez lui et mangée.
Qu'il la trouve bonne ou délicieuse. Qu'il en veuille plus ou en soit dégoûté. Quelle lui laisse une marque sur la chemise ou sur les hanches, comment peut-il reporter sur autrui son choix.
Et puis finalement, quand on y pense, l'éclair elle, disparaît.
jésus, il sentait pas très bon de la bouche. Ses copains, ils ne voulaient jamais lui parler en face. C'est pour ça qu'à table, ils s'asseillaient sur les côtés!
jésus, il a eu une mort atroce. Il a été crucifié! Alors, en sa mémoire, tous les chrétiens du monde, ils portent une petite croix autour du cou. De là-haut, au p'tit Jésus, ça doit lui faire plaisir... ça lui rappelle sûrement des bons souvenirs...
Jésus, il est mort à 33 ans... en même temps, en 33 après JC, l'espérance de vie était de 40 ans... c'est pas avec un septennat de plus qu'il aurait pu faire quelque chose... On sait c'que ça donne un deuxième septennat..
Quand j'étais petit, mes deux cours préférés au collège, c'était le dessin et la musique.
Ma prof d'Arts Plastiques, sorte de croisement improbable entre Brigitte Bardot (version 80's) pour le physique et Armande Altaï pour le décalage, avait su me donner la foi en un potentiel créatif qu'elle a révélé chez moi.
Mon prof de musique lui était un homme remarquable, aussi gentil que doux, il caressait les touches en ivoire de son piano droit, en effleurant à peine les pédales, comme pour rendre ses notes encore plus suaves.
Animé d'une passion musicale, il y ajoutait une qualité rare: l'amour de son métier, la folle envie d'enseigner, la quasi nécessité de la transmission du savoir.
Auréolé de toutes ces qualités, le directeur du collège n'avait pu lui refuser la création d'une chorale.
Je m'inscrivais dès le premier jour. Là commencèrent les sélections de groupes. Les sopranes, les ténors, les basses.
Les garçons les plus âgés formèrent les voix de basses. Les filles, le choeur principal.
je me retrouvais inclassable, accompagné d'un autre garçon, Damien.
Nos voix si aiguës alors nous permettaient de continuer les vocalises bien après que ne se soient arrêtées les demoiselles, alors en proie à la découverte que leur corps peut saigner sans que ce ne soit mortel (c.f. la découverte des menstruation dans les Oiseaux se cachent pour mourir...).
Damien et moi furent alors désignés solistes. Nos voix étaient alors mises en avant. Et nous avec.
Bien vite, après quelques répétitions, un premier concert fut organisé.
Mon prof décide que deux solistes ne pouvaient être sur au programme. Il fallait donc trancher en organisant une sorte de casting entre Damien et moi.
Petits, gros, blonds, coiffés en brosse (1986!!!) avec des voix de Castafiore les doigts coincés dans la portière de la Bentley, peu de choses nous différenciaient.
Je m'entraînais alors tout le temps. Répétant sans cesse les chansons du répertoire de la chorale.
Pour pousser un peu plus mes aigus, que je pensais mon meilleur atout, inlassablement, je chantais ce que je trouvais être la plus belle voix du monde d'alors: Kimera.
Qui ne se souvient de sa voix se rappelle au moins e don maquillage (une chance que je n'avais pas entrepris un CAP esthétique).
Entre Damien et moi, la lutte s'annonçait vers un niveau de quasi animosité.
Deux mois passèrent quand le jour J arriva. Je passais le premier, mettant mon coeur à l'ouvrage, je restais insatisfait de ma prestation.
Damien s'avança à son tour. Personne ne pouvait ignorer son visage fermé. Son air inquiet.
Dès les premières mesures, les explications (et les commentaires) fusèrent: entre temps Damien avait mué. Sa voix désormais inégale ne conservait une note qu'une demi-seconde avant que d'aller, incontrôlable, plus haut ou plus bas.
Damien de plus en plus gêné n'osait pas s'arrêter.
A la fin du premier morceau, mon prof l'arrêta en lui proposant de rejoindre le groupe des filles.
Cette double humiliation aura eu raison de la passion de Damien qui ne viendrait finalement pas au concert auquel je me présentais heureux.
Un deuxième soliste fut trouvé quelques temps plus tard. De 6 mois mon cadet, il attendais son tour. le moment où moi aussi j'allais quitter l'enfance, échangeant une voix fluette pour trois poils pubiens.
20 ans plus tard:
- Ma prof de dessin ressemble toujours à BB (version 2010's)
- Mon prof de musique a été destitué suite à des plaintes d'attouchements sur mineurs de moins de 16 ans.
- 4217 paquets de cigarettes plus tard, je suis incapable de reprendre "Lost Opera", même en version Barry White