J'écoute : Le bruit des glaçons dans mon verre Je regarde : La bouteille descendre à vue d'oeil Je lis : Ce qui est marqué sur l'étiquette Je joue : Avec la touillette Je mange : Des cacahuètes Je bois : Le troisièmem ou ben alooors ke sixièmme? Je cite : L'abous de alcooool (hips) est dangoureux pour le santééé (à la tienne!)
Un projet de DJ's qui s'unissent et qui mettent à profit (gratuitement) leur collaboration : remixer les plus gros hits des 80' (et les moins connus aussi)
En fait, l'histoire d'Ulysse c'est juste la parabole d'un hétéro qui irait passer un samedi soir dans une boîte homo... s'il écoute les sirènes, il n'en revient pas...
Il est beau. Il est drôle. Il est tendre. Sa main s'imbrique parfaitement avec la mienne. C'est sûr c'est l'homme que j'attends.
Mes yeux qui s'arquent un peu quand je le regarde. Ma bouche affamée quand la sienne me frôle. La peau devient plus sensible sous ses doigts. Le sexe se durcit sous ses baisers. Les éléments se confirment.
On passe les premiers moments à s'apprivoiser. L'un fait le prince, l'autre le renard. Les rôles sont interchangeables. L'objectif est ici de s'habituer à la présence de l'autre. Son odeur. Ses déplacements. Son rôle dans l'espace.
Les mots viennent en même temps, pour marquer plus précisément, pour adopter sa voix aussi. Ils servent bien sûr à échanger les éléments qui permettent d'y croire un peu mieux.
De confronter les courbes directrices de nos vies respectives, de les projeter l'une avec l'autre, et d'établir à quelle fréquence elles se croisent, se suivent, ou restent parallèles. Ce qu'on appelle les points communs: Il aime tel auteur, n'écoute pas tel style de musique, adore les dimanches matins à deux, déteste la cigarette. Il vient de province aussi, a déjà passé 20 ans à Paris, a eu une histoire de 10 ans avec un mec, sort très peu, a besoin de voir souvent ses amis...
Comme un oscilloscope deviendrait un écran de contrôle permettant de visualiser les deux sinusoïdales que sont nos goûts, nos façons de voir les choses, nos histoires respectives. Et d'y lire les croisements. D'y apporter parfois quelques corrections immédiates, rapprochant de fait les lignes un peu trop espacées.
Au deuxième temps, le toucher se mets en place. On ne touche pas l'autre comme on touche la vieille qui n'avance pas quand elle descend du métro, comme la main de la boulangère quand par hasard on la frôle en prenant sa baguette, comme le collègue de travail qu'on félicite pour sa présentation. Non.
Ce toucher là génère une sensation unique, éphémère et indescriptible. Il a la force des premières fois, le pouvoir de donner conscience de chaque contact. Où la main s'appose sur une cuisse, un bras, au détour de la conversation. Voulu initialement pour appuyer un propos, ce geste devient grisant, enivrant, aussi fort qu'un rapport sexuel. Malgré les vêtements, la sensation du corps de l'autre sous les doigts le mets à nu.
Ces deux phases passées, les informations reçues par chacun doivent alors être appréhendées, croisées, et assimilées. Pour en définir l'envie ou non. Comme si inconsciemment, une évaluation d'une liste d'items était réalisée. De la note finale dépends la suite.
C'est la phase la plus délicate. Chacun a besoin d'un temps plus ou moins important pour réaliser cette compilation. C'est le moment où tout peut ou non basculer. Le moment où l'on regarde l'autre pour essayer de savoir, espérant lire sur son visage, dans ses yeux ou dans ses gestes la preuve de son choix.
L'étape ne trouve sa fin que lorsque le plus renard des deux prends l'initiative auprès du petit prince, après avoir été rasséréné d'un regard, d'un mot, d'une main.
Alors, seuls les corps sont en jeu. Les bras enlacent. Les bouches embrassent. Les mains caressent, déshabillent, explorent.
Pendant le temps que dure la fusion des corps, toutes les étapes rencontrées plus avant se déroulent à nouveau, plus furtives, plus fortes aussi.
On connaît l'autre mais pas son corps, ses expressions de désirs, de plaisirs, de répulsions. On apprend les zones érogènes. On coordonne les mouvements. Les corps deviennent les courbes, ils doivent s'aligner, se confronter, s'éloigner et se retrouver.
Ces tâtonnements, ces hésitations et les micro-réussites qui en découlent sont l'essence même du plaisir à jamais perdu de la première fois.
Perdues pour toujours la découverte du goût de sa nuque, la texture de sa peau quand il devient fébrile. La préhension de son sexe, la profondeur des baisers, le mélange de peur et d'envie irrépressible dans le regard. Tous ces moments ne durent qu'une fois. Une seule.
La jouissance passée, les corps s'affalent. L'un contre l'autre, ou l'un sur l'autre. L'instant est volatile, le temps ne suspens son vol qu'en fonction de la force déployée pendant l'orgasme. Les baisers trouvent un rythme et une puissance redevenue raisonnée. Les caresses cherchent à prolonger une douceur, à faire frissonner le derme ultra-sensibilisé. On ferme les yeux, laissant son corps assimiler le retour à la terre ferme. Laissant aussi son esprit se préparer à la suite.
Quelle différence alors entre l'amour d'avant et la modern love attitude?
Toutes ces étapes se déroulent en une soirée. Là où le temps prenait son temps, nos us de consommation, de zapping, de vivre en accéléré prennent le pas, marquent la cadence.
En quelques heures, les sentiments s'exacerbent, le cerveau réagit en envoyant les hormones idoines, les corps s'emballent.
La chute est brutale, violente parfois, quand il se rhabille, sans mot dire.
La porte se referme sans promesse, ou alors de celles dont on sait quand elles sont dites qu'elles ont la valeur et la durée d'une allumette enflammée.
Et puis on recommence, avec la même envie, avec la même conviction... avec un autre.
Parce qu'il adore leur album, Amplive a décidé de réaliser les mixs des morceaux d'In Rainbows, dernier album hyper-médiatisé de Radiohead.
Il a eu la mauvaise idée de ne pas inclure le groupe dans son projet, se voyant par là même, refuser toute signature auprès des maisons de disques.
Du coup, il a décidé de faire comme ceux qui l'ont inspiré, en mieux: mettre à dispo sur le net et gratuitement Rainydayz (le tout après avoir trouvé un accord avec les différentes parties, bien sûr).
Les 8 remixes sont exclusivement composés à partir du matériel sonore de l'album d'origine, complétés de quelques voix.
Maintenant, à l'écoute, on est en droit de se demander si tout ça n'est pas un montage complet autour de cet album, histoire de créer un buzz là où il n'y en a pas.
Radiohead est sans nul doute le groupe contemporain engendrant le plus de covers et de remixes... il faut donc sortir du lot. Le moyen choisi peut, au moins, se targuer d'originalité dans la communication.
Les maisons de disques sont également en droit de refuser l'album simplement sur sa qualité qui ici, il faut le reconnaître, est plus que médiocre.
Les amateurs de Radiohead ne reconnaîtront pas les morceaux de l'album. Le travail du mix est à la limite de la caricature de ce que faisait Benny B dans les années 80. Les vocals apposées en lieu et place des voix originales hiphopize lourdement la légèreté voulue initialement.
Téléchargez, puisque c'est permis, vous serez seuls juges.
Avant de partir, j'appelle ma collègue. Elle est en RTT demain, je veux lui souhaiter un bon week-end. Parce que je l'aime beaucoup. Parce que ce sont des choses qui se font.
J'enfile mon blouson, mon écharpe. Mon téléphone sonne, c'est elle qui rappelle. Le mec qui bosse en face de moi décroche et lui dit que je suis parti. Sauf que sur un open space, tout se voit, et elle sait donc que je suis encore là. Elle insiste pour me parler. Je regarde l'heure, ça va faire juste pour choper le RER de 18h32.
- "C'était juste pour te dire que je t'appellerai demain après mon rdv"
On est dans la même boîte, mais surtout dans la même envie très forte d'en partir.
Je quitte le bâtiment, traverse la Seine, profite de la vue comme à chaque fois et m'allume une cigarette. Au loin, je vois "mon" RER qui arrive et qui va bientôt entrer en gare.
Exactement la même scène s'est produite hier. Je m'étais alors dit, suite à un rapide calcul du ratio Distance à parcourir / vitesse de pointe du JPB qui n'a pas couru depuis 1987 = IMPOSSIBLE.
Alors, une fille qui marchait presque à ma hauteur s'est mise à courrier, faisant virevolter son sac et sa queue de cheval dans des directions diamétralement opposées, et pourtant parfaitement en cadence.
Je l'ai regardée s'éloigner, tout en pensant "court ma fille, tu n'en verras que le cul au loin de ton RER".
Finalement, quand j'arrive sur le quai, je cherchais du regard la fille-à-la-queue-de-cheval, juste pour satisfaire mon insatiable besoin d'avoir raison.
J'avais beau chercher, elle n'y était pas: elle avait réussi!
Je me retrouve donc à voir le RER arriver comme dans un mauvais flash-back. Et pile, la fille, LA même fille, se remet à courir!!!
Sans réfléchir, je cours aussi. J'étire les mouvements, j'allonge le geste, je détends mes foulées.
Dès les premiers mètres parcourus, je suis épaté par la facilité avec laquelle on retrouve les sensations de la courses.
Ma cigarette en main, j'hésite même à en prendre une bouffée quand je dépasse la fille. J'aborde l'escalator sans difficultés. Je bouscule deux ou trois personnes qui n'arrivent pas à assimiler que sur la gauche, c'est pas fait pour rester planté comme un potiron après Halloween.
J'entends les pas de la fille derrière moi. Tout juste derrière. Elle court bien, ou bien est-ce le fait d'avoir quelqu'un qui court avec elle qui la motive à se dépasser?
Cette idée déclenche un truc en moi: je réalise qu'à cet instant très précis, elle et moi sommes unis. Unis dans le même mouvement, dans la même direction, vers le même but.
Nous somme liés, proches, assez pour se tutoyer. nous ne faisons qu'un, elle dans ma foulée.
Passage au portillon, pertes de secondes si précieuses maintenant que le RER est à quai. Elle est juste derrière moi, je sens presque son souffle. Au moins est-elle un peu essoufflée? Moi, j'ai perdu tout rythme dans ma respiration. J'ai toujours ma cigarette, je ne la lâche pas... au cas où j'aurais le temps d'en fumer juste un peu avant de monter.
Dernière ligne droite, les escaliers.
Nous sommes sur une partie aérienne de la ligne C. Il pleut, le sol est humide.
J'avale les marche deux par deux, je sens que je ne tiendrais plus longtemps. Je puise déjà dans mes réserves, motivé à l'idée d'être dans quelques secondes assis au chaud à bouquiner tranquillement.
Le nombre de marche est impair.
Dit comme ça, ça n'a l'air de rien. Et pourtant, ça fait toute la différence. Alors que mon pied gauche s'élance, mon pied droit anticipe un mouvement identique, que mon cerveau tente de corriger au dernier moment, informé qu'il est du fait qu'il ne reste pas 2 mais 1 seule marche. Je cafouille dans les mouvements, et le sol glissant fait le reste.
Mon corps bascule en avant, mes bras s'élancent machinalement pour arrêter la chute, je lâche un "meeeeerrrrdddddeeeeeeeee" désespéré, alors que je sais qu'il est trop tard.
Au moment où mon corps touche les planches en bois, je vois une silhouette passer.
La Fille.
Elle ne s'arrête pas. ne me jette même pas un regard. Ma meilleure amie d'enfance depuis 3 minutes ne m'aidera pas à me relever le front.
Toujours au sol, je la vois s'éloigner, atteindre le RER dont la sonnerie retenti. Elle entre, et disparaît avec lui.
Deux petites lumières rouges qui partent.
Je me relève, j'appelle ma collègue, je l'incendie, lui reprochant d'être la cause de tout ça ("si tu ne m'avait pas appelé, je serais dans mon RER!!!!!").
Je m'adosse à une paroi, branche mon i-Pod. Barbara chante... je me promets que demain, je lui ferai un croche-pied!